Aide internationale: l'Éthiopie montrée du doigt

Publié le par ethiopianadventures

par La Presse Canadienne

mardi 17 janvier 2012, Ottawa, Canada

L'Agence canadienne de développement international (ACDI) se penchera sur l'utilisation de fonds humanitaires par l'Éthiopie, après la publication d'un rapport accusant le pays africain de pratiquer l'expulsion abusive et systématique des paysans.

Cette annonce fait suite à la publication mardi d'un rapport par l'organisation new-yorkaise Human Rights Watch (HRW) critiquant durement ce pays de la Corne de l'Afrique pour son programme de «villagisation» qui, avance HRW, aurait forcé la délocalisation de 70 000 indigènes, et vise à en déplacer 1,5 million d'autres d'ici l'an prochain.

Les expulsions forcées ont coupé les villageois de leurs sources de nourriture et de leur accès aux soins de santé de base, tout en les obligeant à subir les abus de l'armée éthiopienne, accuse le rapport.

Un chercheur d'Ottawa a rencontré l'an dernier, lors d'une enquête clandestine, plus de 100 Éthiopiens qui accusent leurs leaders de sacrifier leur propre population au profit des intérêts économiques étrangers.

Selon le chercheur Felix Horne, la situation constitue une violation de la Loi sur la responsabilité en matière d'aide au développement officielle, qui stipule que toutes les sommes dépensées doivent respecter les normes internationales en matière de droits de la personne.

L'Éthiopie est le troisième plus important récipiendaire d'aide étrangère canadienne, avec environ 170 millions $ par année.

M. Horne a révélé à La Presse Canadienne avoir eu l'an dernier des discussions informelles avec des responsables de l'ACDI concernant les conclusions de son rapport, mais dit ne pas avoir eu de réponse significative.

Avant la publication du rapport, M. Horne a indiqué n'avoir reçu que bien peu d'informations laissant croire que le Canada tiendra l'Éthiopie responsable de ses actes.

Cela a toutefois changé, mardi, après la publication du rapport, alors qu'un porte-parole de la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, a indiqué que le ministère ne tolérerait pas un usage «inapproprié» de l'argent des contribuables canadiens.

Selon le rapport de Human Rights Watch, l'Éthiopie déplace bon nombre de ses paysans afin d'offrir des millions d'hectares de terres fertiles à des compagnies étrangères chinoises, indiennes ou saoudiennes, pour y installer des fermes industrielles.

Le premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, pourtant élu démocratiquement, exerce un contrôle totalitaire sur son pays. L'Éthiopie demeure toutefois sur la liste des pays menacés de l'ACDI, et fait partie des pays pauvres recevant de l'argent en vertu de l'initiative en faveur de la santé infantile et maternelle, mise sur pied par le gouvernement Harper.

Publié dans Revue de Presse

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