Éthiopie: 3 journalistes condamnés

Publié le par ethiopianadventures

Par Le Figaro (Source : AFP)

Le 19 janvier 2012

Cinq Ethiopiens, dont trois journalistes et un membre de l'opposition, ont été reconnus coupables aujourd'hui de "terrorisme" par  la justice à Addis Abeba, a-t-on appris de source officielle. "Le tribunal a décidé aujourd'hui qu'ils étaient coupables", a indiqué  le porte-parole du ministre de la Justice Deressa Deselegn, confirmant que les charges retenues étaient "participation à une organisation terroriste et préparation d'une attaque terroriste". Ils encourent pour ce verdict des peines --au maximum la prison à vie ou la peine de mort--, qui seront prononcées ultérieurement.

Parmi les condamnés figurent Woubshet Taye, l'ancien directeur de la rédaction du journal Awramba Times, désormais fermé, et Reeyot Alemu, chroniqueuse et ex-membre de l'opposition, tous deux emprisonnés depuis juin 2011. Le troisième journaliste est le rédacteur en chef du site d'information en ligne Ethiopian Review, Elias Kifle. Les deux autres condamnés sont Zerahun Gebrezabier, chef du Parti de l'unité nationale (opposition) et Hirut Kifle, accusé d'être complice d'Elias Kifle.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a condamné cette décision et appelé à la libération immédiate des cinq Ethiopiens. "Il n'existe aucune preuve" de leur culpabilité, a affirmé Amnesty dans un communiqué. Ce sont des "prisonniers de conscience, poursuivis pour leur travail légitime et leurs activités paisibles", a déclaré une responsable d'Amnesty en Ethiopie, Claire Beston, citée dans le document.

L'Ethiopie a rejeté ces accusations, affirmant que le tribunal n'a fait que suivre la loi. "Amnesty devrait arrêter sa propagande, qui n'est pas fondée sur des faits", a affirmé Deressa Deselegn. Pour le père de Reeyot Alemu, Alemu Gobebo Reeyot, le verdict est "inattendu". "Elle doit être libérée", a-t-il déclaré , ajoutant qu'ils feraient appel après l'annonce de la condamnation, prévue le 26 janvier.

La loi éthiopienne sur le terrorisme est régulièrement dénoncée comme trop vague par les organisations de défense des droits de l'Homme. En décembre, deux journalistes suédois ont été condamnés à onze ans de prison pour "soutien au terrorisme" après avoir été arrêtés en compagnie de rebelles indépendantistes prèsde la frontière somalienne.

Publié dans Revue de Presse

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