Priorité à l'Afrique pour le nouveau directeur de la FAO José Graziano

Publié le par ethiopianadventures

De Kelly VELASQUEZ

AFP, mardi 3 janvier 2012

ROME — Le nouveau directeur-général de la FAO, le Brésilien José Graziano da Silva, a promis mardi de donner la priorité à l'Afrique dans sa lutte pour "l'élimination de la faim" dans le monde, son premier objectif stratégique.

"L'Afrique restera la priorité de mon mandat. Je me rendrai au sommet de l'Union africaine fin janvier ainsi que dans la Corne de l'Afrique", a-t-il annoncé lors de sa première conférence de presse depuis sa prise de fonction le 1er janvier à la tête de l'Organisation de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO).

M. Graziano a été élu le 26 juin à la tête de la FAO, succédant au Sénégalais Jacques Diouf, aux commandes de cette organisation durant 17 ans. Il est le premier représentant d'Amérique latine à diriger cette agence de lutte contre la faim qui frappe près d'un milliard de personnes dans le monde.

"Nous n'avons pas de temps à perdre" si l'on veut diviser par deux le nombre de personnes souffrant de la faim, a affirmé le nouveau DG, qui s'est engagé à "augmenter les ressources destinées à l'Afrique".

Plus de 13 millions de personnes vivant dans quatre pays de la Corne de l'Afrique -- Ethiopie, Kenya, Somalie, Djibouti -- frappés par la pire sécheresse depuis des décennies, ont besoin d'aide humanitaire, selon l'ONU.

La FAO a jugé à plusieurs reprises "inadmissible" cette famine et appelé la communauté internationale à financer non seulement l'aide d'urgence, mais aussi des investissements agricoles sur le long terme afin d'éviter la répétition de telles crises alimentaires.

M. Graziano a également lancé une mise en garde contre "la volatilité des prix alimentaires (qui) va se poursuivre".

"Nous nous attendons à ce que les prix n'augmentent pas mais ne baissent pas non plus rapidement, il y aura des réductions de prix mais ça ne sera pas une chute drastique, la volatilité va rester", a-t-il précisé.

Lors de la publication de son indice sur les prix alimentaires en novembre, la FAO a prévu un maintien des prix à un niveau élevé en 2012 et souligné que le coût de la nourriture avait augmenté de plus d'un tiers au cours de l'année écoulée dans les pays les plus pauvres.

Le professeur Graziano da Silva, ancien ministre de la Sécurité alimentaire et de la Lutte contre la faim du président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), incarne le programme brésilien de lutte contre la faim "Fome Zero" (Faim zéro), considéré comme un succès retentissant.

Interrogé sur l'exemple du Brésil, il a jugé mardi "très important que chaque pays trouve sa propre voie pour sortir de la faim". L'exemple du Brésil "doit être adapté aux systèmes locaux pour pouvoir fonctionner", a-t-il précisé.

"Il n'y a pas de recette miracle pour lutter contre la faim", a-t-il averti, tout en soulignant que "ce ne sont pas les seuls gouvernements qui luttent contre la faim, mais aussi la société civile et le secteur privé qui ont un rôle à jouer".

"Nous avons aussi besoin de l'aide des églises et des syndicats dans la lutte contre la faim", a-t-il ajouté.

Sans oublier la FAO elle-même, souvent critiquée pour son caractère bureaucratique: "L'un des principaux défis de la FAO est de gagner en efficacité", a reconnu celui qui était depuis 2006 représentant régional pour l'Amérique latine et les Caraïbes auprès de la FAO.

Lors de la campagne pour son élection, il avait lui-même milité "pour une FAO forte et efficace".

Au cours de sa conférence de presse d'un peu plus d'une heure, M. Graziano da Silva s'est également inquiété de la situation en Syrie: "A chaque fois qu'il y a un conflit interne dans un pays, cela rend notre travail plus difficile et nous sommes confrontés à des problèmes de sécurité alimentaire".

Publié dans Revue de Presse

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